Pour une esthétique sociale - في الجمال

Synopsis

ونستطيع الإمساك برأس خيط هذا الكتاب إذا فهمنا الثقافة على أنها أفكار تترجم إلى سلوك فردي وتنعكس على أسلوب الحياة الاجتماعية. فلقد تناول الجمال انطلاقا من منظور ثقافي وأطلق على هذا الاتجاه إسم "الجمالية الاجتماعية". هذا الاتجاه الذي ينكر الصبغة المطلقة للمقولة التي تطرح بأن الجميل ليس هو النافع والذي يعمل في المقابل على البرهنة على الضرورة الاجتماعية للجمال.
ويهدف الكتاب من خلال مباحثه وتحليلاته للظاهرة الجمالية إلى الترقي بالجمال عندنا من مجرد كلمة نسمعها ولا نعيها، أو من مجرد أشياء لا نفهمها ولا نتذوقها، إلى مفهوم عملي واضح يشمل بضيائه الحس والفكر والسلوك، ويبسط أجنحته على مجتمعاتنا الناهضة التي يطمح أن تصير هي ذاتها تحفا فنية.

 

C’est avec un esprit lucide et dans un style clair, sobre et incisif, que Mohamed Atbi aborde ici un sujet peu commun : celui de la Beauté, al-Djamâl, avec la Majuscule bien méritée que les poètes, les artistes et les philosophes lui accordent. De fait, ce petit essai s’inscrit dans une perspective philosophique et sociale inédite de la culture et de la civilisation arabo-musulmane moderne.

Le premier jalon que pose l’auteur est cette citation tirée de l’ouvrage de Muhammad Qutb, Manhadj al-Fann al-islâmî (Méthode de l’Art islamique) : « Ce qui attire l’attention au premier chef au sujet de la beauté, c’est que celle-ci n’est pas une nécessité, mais constitue tout au contraire un élément surajouté à la nécessité. »
La notion du beau, nous explique en substance l’auteur, est la base, la substantifique moelle de la civilisation humaine, dans l’acception la plus noble et la plus élevée de ce mot, et, constitue donc, par là même, la caractéristique essentielle de tout homme civilisé, dont les actions, les intentions, les aspirations et les goûts, tant sur le plan physique que moral, au for interne et au for externe…
« Le progrès enregistré par toutes les civilisations qu’a connues l’histoire de l’humanité dans le domaine de l’urbanisme, observe M. Atbi, est toujours allé de pair avec le progrès de l’Art et d’une très large propagation du goût esthétique au sein de la société humaine. Cela devait se traduire dans l’édification de temples, de palais, de maisons, où l’on voit le côté esthétique dominer tous les autres aspects, ainsi que dans ces grandes cités organisées et réparties dans l’espace suivant un agencement remarquable, où l’on voit s’étendre de tous les côtés des jardins et des parcs, et où les agglomérations sont traversées par des rues et des avenues admirablement pavées et parfaitement macadamisées. Des cités où il fait bon vivre, des lieux de résidence agréables… »
Par ailleurs, notre auteur ne manque pas de mettre l’accent sur le rôle capital du sentiment religieux dans l’esthétique des divers lieux de culte édifiés par les hommes (temples, mosquées, églises, synagogues…). À l’origine, l’art est essentiellement religieux. Mohamed Atbi, juriste de formation et de profession, esprit féru de philosophie et d’études traditionnelles, mystiques et théosophiques (il est faqîr de la tarîqa ‘alâwiyya-boudilmiyya), est en phase et confluence parfaite avec les lumineuses conclusions du grand érudit et métaphysicien suisse Titus Burckhardt (1908-1984), telles que nous les lisons dans L’art de l’Islam (Paris, 1985) : « La substance de l’art, c’est la beauté… Dans le monde elle est apparence et revêt, pour ainsi dire, les créatures et les choses. En Dieu, ou en elle-même, elle est béatitude très intérieure… L’histoire de l’art dépasse le plan de l’histoire pure et simple, ne serait-ce qu’en posant ces questions : d’où vient la beauté de ce monde, et d’où vient son absence qui, aujourd’hui, menace d’envahir toutes la surface de la terre ? »
Voici donc un livre sérieux, intelligent, intuitif que tout amant du Beau se piquant plus ou moins de philosophie, voire seulement d’un certain sens social et civique, devrait lire. Absolument.

Mohamed Atbi