ESSAI SUR LA MYSTIQUE MUSULMANE suivi de L’ÉLOGE DU VIN la Khamriyyah du Sultan des Amoureux (Sultân al-’Âshiqîn), ‘Umar ibn al-Farid

Sharibnâ ‘alâ dhikri ’l-habîbi moudâmatan / Sakirnâ bihâ min qabli an youkhlaqa ’l karmu.

Nous avons bu à la mémoire du Bien-Aimé un vin / qui nous a enivrés avant la création de la vigne

Archiviste paléographe diplômé de l’École des chartes, conservateur en chef des archives du Gouvernement Général en Algérie, Émile Dermenghem (Paris, 1892 – Samois-sur-Seine, 1971) a publié un grand nombre d’ouvrages sur l’islam, la vie du prophète, le soufisme, l’hagiographie musulmane, la littérature arabe et divers autres thèmes qui y sont liés. On lui doit notamment: Les plus beaux textes arabes, Vie des saints musulmans, Le culte des saints dans l’islam maghrébin, Contes kabyles, Le pays d’Abel…

Dans le présent ouvrage, il nous livre une traduction française du plus grand chef d’œuvre de la poésie mystique arabe: la Khamriyyah, du poète égyptien Sharaf ad-Dîn ‘Umar ibn al-Fârid (Le Caire, 577/1181-632/1235), qui fut, à très juste titre, surnommé Sultân al-‘Âshiqîn (le Sultan des Amoureux).
Ce magistral Éloge du vin – breuvage spirituel dont l’ivresse est enracinée dans la prééternité, «avant la création de la vigne», est-il précisé dès le premier vers – n’a certes rien de bachique, car, en vérité, ce n’est pas du très bassement profane et contingent jus fermenté de la treille qu’il s’agit là, mais du pur Amour divin et de l’ivresse mystique qu’il procure – thème favori de la majorité des grands soufis…
À la traduction du texte arabe de la Khamriyyah, Émile Dermenghem joint celle de commentaires classiques bien choisis – celui du mystique palestinien ‘Abd al-Ghanî an-Nâbulsî (1050/1641-1143/1731) ou celui d’al-Bûrînî (963/1556-1024/1615) –, sans compter les nombreuses et précieuses notes critiques et références bibliographiques qui apportent un meilleur éclairage au texte et le rendent plus lisible – le tout précédé, en guise d’introduction, d’un admirable Essai sur la mystique musulmane.

ÉMILE DERMENGHEM